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The Invented Inventor: Adapting Intellectual Property to Generative AI

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Alors que l’intelligence artificielle (IA) est de plus en plus à l’origine des découvertes, le concept d’inventeur est soumis à de fortes tensions. Des décisions judiciaires récentes, telles que l’arrêt DABUS rendu en 2025 par le Tribunal administratif fédéral suisse, mettent en évidence une tension croissante : les tribunaux exigent une création intellectuelle par une personne physique, alors même que les contributions humaines aux découvertes assistées par l’IA deviennent de plus en plus marginales. Cet article aborde la tension qui en résulte du point de vue de la philosophie politique plutôt que de la jurisprudence : la pression qu’exerce l’IA sur le concept de qualité d’inventeur est trop fondamentale pour être résolue par des méthodes interprétatives qui tiennent pour acquises les architectures conceptuelles existantes. S’inspirant de la généalogie de la propriété de Hume, l’article reconstruit les « matrices de besoins » historiques qui ont forgé le concept d’inventeur, en retraçant son évolution de l’économie des corporations vénitiennes à la R&D des entreprises, en passant par l’idéologie romantique du génie. Il en ressort que ce concept est un faisceau surchargé remplissant quatre fonctions sociales : inciter à l’innovation, diffuser le savoir, légitimer les monopoles et résoudre les conflits d’antériorité. Cette approche met également en lumière le décalage entre le concept et les réalités émergentes de la découverte pilotée par l’IA. Pour résorber ce décalage, nous devons désagréger le concept d’inventeur et développer des ressources conceptuelles spécifiques pour chacune de ces fonctions. Si nous avons inventé la notion d’inventeur pour accomplir certaines fonctions, nous pouvons la réinventer pour qu’elle les accomplisse mieux.

droits de propriété intellectuelle, brevets, inventeur, généalogie, IA, adaptation conceptuelle

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Can AI Rely on the Systematicity of Truth? The Challenge of Modelling Normative Domains

Philosophy & Technology 38 (34): 1–27. 2025. doi:10.1007/s13347-025-00864-x

Soutient que le caractère asystématique des domaines normatifs, provenant de la pluralité, de l’incompatibilité et de l’incommensurabilité des valeurs, pose un défi à la capacité de l’IA de modéliser ces domaines de manière exhaustive, et souligne le rôle indispensable de l’agentivité humaine dans la délibération pratique.

IA, asystématicité, LLM, philosophie de la technologie, normativité, systématicité

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Dropping Anchor in Rough Seas: Co-Reasoning with Personalized AI Advisors and the Liberalism of Fear

Philosophy & Technology 38 (170): 1–7. 2025. Commentaire invité. doi:10.1007/s13347-025-01006-z

Une critique politique des conseillers IA personnalisés à travers le prisme du libéralisme de la peur. Met en lumière les asymétries de pouvoir en jeu et soutient que la personnalisation risque de stabiliser la domination en traduisant des injustices structurelles en défis aspirationnels individualisés. Propose ensuite trois contraintes politiques pour l’IA personnalisée : la priorité de la non‑domination, la contestabilité publique des normes opérantes et la reconnaissance de charges civiques non personnalisables.

IA, éthique de l’IA, délibération, libéralisme, libéralisme de la peur, non-domination

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Explainability through Systematicity: The Hard Systematicity Challenge for Artificial Intelligence

Minds and Machines 35 (35): 1–39. 2025. doi:10.1007/s11023-025-09738-9

Propose un cadre pour penser la « systématicité de la pensée », en distinguant quatre sens de l’expression, en désamorçant la prétendue tension entre systématicité et connexionnisme diagnostiquée par Fodor et Pylyshyn, et en identifiant une forme « dure » du défi de la systématicité qui continue de résister aux modèles connexionnistes.

IA, IA explicable, philosophie de l’IA, rationalité, systématicité, changement conceptuel

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