Genealogie 24
Systematizers: Reason, Machines, and the Rise of Systematic Thought in Early Modern Philosophy, 1500–1800
Manuscrit de livre.
Les philosophes ont souvent tendance à traiter l’aspiration à la pensée systématique comme une exigence intemporelle de la rationalité. Mais une contre-tradition avertit que cette « volonté de système » peut tenir lieu de caractère moral, relever d’un fétichisme esthétique ou encore se muer en dangereuse machine d’universalisation. En réponse à ces critiques de la systématisation, je propose une reconstruction généalogique de l’idéal de systématicité cognitive entre 1500 et 1800 et demande non seulement comment la pensée est devenue systématique, mais aussi pourquoi elle l’est devenue.
À rebours de l’explication historique la plus courante, selon laquelle les systèmes auraient été élaborés pour refléter le plan métaphysique d’un univers rationnellement ordonné, il m’apparaît que les penseurs de la première modernité ont introduit l’exigence de systématisation cognitive pour imiter les vertus de machines bien conçues. En modelant les vertus cognitives sur les vertus mécaniques, ces penseurs ont déplacé l’autorité du savoir depuis les dispositions internes et personnelles — le habitus — des individus vers des architectures objectivées, détachées de leurs porteurs. À travers des études de cas qui vont de Ramus et Keckermann à Descartes, Hobbes, Spinoza et Cavendish, puis à Leibniz, Newton et Du Châtelet, et enfin à Diderot, d’Alembert, Rousseau et Kant, je mets en lumière trois ressorts pratiques distincts de cette mécanisation de la pensée :
- Le ressort pédagogique : la systématisation rend le savoir transmissible.
- Le ressort épistémologique : la systématisation rend la pensée autocertifiante et autocorrectrice.
- Le ressort politique : la systématisation rend l’autorité publique plus contrôlable, plus facile à administrer et plus équitable.
Si ces ressorts montrent que l’élan systématique répond à une nécessité pratique plutôt qu’à une marotte arbitraire, la généalogie suit aussi une contre-tradition — du vitalisme de Margaret Cavendish à la polyphonie de Diderot, puis aux critiques éthiques d’inspiration hégélienne — qui met au jour le coût d’une imitation trop poussée des vertus de la machine. Poussée à l’extrême, l’exigence de systématicité aplanit l’expérience, érode les concepts « épais » sensibles au contexte et risque de se réduire à une pure mécanique dogmatique. Je propose ainsi un cadre permettant de penser à la fois la valeur indispensable de la systématisation de la pensée et la nécessité d’en reconnaître les limites.
systématicité, généalogie, philosophie de la première modernité, besoins conceptuels, rationalisme, autorité
The Invented Inventor: Adapting Intellectual Property to Generative AI
En cours d’évaluation
Alors que l’intelligence artificielle (IA) est de plus en plus à l’origine des découvertes, le concept d’inventeur est soumis à de fortes tensions. Des décisions judiciaires récentes, telles que l’arrêt DABUS rendu en 2025 par le Tribunal administratif fédéral suisse, mettent en évidence une tension croissante : les tribunaux exigent une création intellectuelle par une personne physique, alors même que les contributions humaines aux découvertes assistées par l’IA deviennent de plus en plus marginales. Cet article aborde la tension qui en résulte du point de vue de la philosophie politique plutôt que de la jurisprudence : la pression qu’exerce l’IA sur le concept de qualité d’inventeur est trop fondamentale pour être résolue par des méthodes interprétatives qui tiennent pour acquises les architectures conceptuelles existantes. S’inspirant de la généalogie de la propriété de Hume, l’article reconstruit les « matrices de besoins » historiques qui ont forgé le concept d’inventeur, en retraçant son évolution de l’économie des corporations vénitiennes à la R&D des entreprises, en passant par l’idéologie romantique du génie. Il en ressort que ce concept est un faisceau surchargé remplissant quatre fonctions sociales : inciter à l’innovation, diffuser le savoir, légitimer les monopoles et résoudre les conflits d’antériorité. Cette approche met également en lumière le décalage entre le concept et les réalités émergentes de la découverte pilotée par l’IA. Pour résorber ce décalage, nous devons désagréger le concept d’inventeur et développer des ressources conceptuelles spécifiques pour chacune de ces fonctions. Si nous avons inventé la notion d’inventeur pour accomplir certaines fonctions, nous pouvons la réinventer pour qu’elle les accomplisse mieux.
droits de propriété intellectuelle, brevets, inventeur, généalogie, IA, adaptation conceptuelle
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Naturalizing Minds: Genealogies of Thought in Hume and Nietzsche
Dans Hume and Nietzsche. Peter Kail et Paolo Stellino (dir.). Oxford: Oxford University Press.
L’argument avancé est que, dès lors que l’on saisit la portée généalogique du pragmatisme méthodologique chez Hume et Nietzsche, il apparaît clairement comment l’un et l’autre échappent aux vues réductrices consistant à assimiler le sens, la vérité ou la valeur des choses à leurs seuls effets.
généalogie, pragmatisme méthodologique, Hume, Nietzsche, 18e siècle, vérité
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Une normativité sans histoire ? Foucault, Engel et la normativité de la vérité
À paraître dans Dialogue : Revue canadienne de philosophie
En soustrayant le concept de vérité à l’historicisme foucaldien, Pascal Engel finit par exposer davantage les « vertus de la vérité » à la généalogie négative de Foucault. Cet article propose une lecture plus ambitieuse de la généalogie positive de ces vertus, montrant que cultiver l’exactitude et la sincérité comme valeurs intrinsèques est une nécessité fonctionnelle, et non un accident historique. Établir le statut de vertu de ces dispositions offre une défense plus robuste contre le cynisme foucaldien et l’indifférence contemporaine à l’égard de la vérité.
vérité, normativité, normes épistémiques, vertus épistémiques, croyance, assertion
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Bernard Williams on Philosophy and History
Coédité avec Marcel van Ackeren. Oxford : Oxford University Press. 2025. doi:10.1093/9780191966361.001.0001
Pour Bernard Williams, philosophie et histoire sont étroitement liées. Son œuvre exploite ce lien dans plusieurs directions : il pense que la philosophie ne peut pas ignorer sa propre histoire comme le fait la science ; que même lorsqu’on se tourne vers l’histoire de la philosophie principalement pour faire de l’histoire, il faut mobiliser la philosophie ; et que lorsqu’on fait l’histoire de la philosophie principalement pour faire de la philosophie, il faut garder le sens de la distance historique qui nous sépare des philosophes du passé, puisque le but de les lire est de se confronter à ce qui diffère du présent. Mais Williams soutient aussi que la philosophie systématique elle‑même doit être pratiquée historiquement, en se tournant non seulement vers sa propre histoire, mais aussi vers celle des concepts qu’elle cherche à comprendre. Pour explorer ces différentes manières dont philosophie et histoire s’entrelacent, ce volume rassemble des contributions spécialement commandées de A. W. Moore, Terence Irwin, Sophie Grace Chappell, Catherine Rowett, Marcel van Ackeren, John Cottingham, Gerald Lang, Lorenzo Greco, Paul Russell, Carla Bagnoli, Peter Kail, David Owen, Giuseppina D’Oro, James Connelly, Matthieu Queloz, Nikhil Krishnan, John Marenbon, Ralph Wedgwood, Garrett Cullity, Hans-Johann Glock, Geraldine Ng, Ilaria Cozzaglio, Amanda R. Greene et Miranda Fricker. Elles évaluent de manière critique le travail de Williams dans et sur l’histoire de la philosophie, ainsi que son « tournant historiciste » et son usage de la généalogie. Le recueil combine de façon unique des discussions substantielles de figures historiques, d’Homère à Wittgenstein, avec des discussions méthodologiques sur la manière et les raisons de faire l’histoire de la philosophie, et sur la manière et les raisons pour lesquelles la philosophie devrait s’appuyer sur l’histoire.
bernard williams, histoire, methode philosophique, genealogie, metaphilosophie, methodologie de lhistoire de la philosophie
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Internalism from the Ethnographic Stance: From Self-Indulgence to Self-Expression and Corroborative Sense-Making
The Philosophical Quarterly 75 (3): 1094–1120. 2025. doi:10.1093/pq/pqae051
Soutient que l’internalisme de Bernard Williams à propos des raisons constitue le fondement philosophique de son libéralisme, et qu’il doit être compris en lien avec ses travaux tardifs sur la normativité de l’explication généalogique et sur la posture ethnographique, où nous habitons par l’imagination une perspective conceptuelle et motivationnelle sans l’endosser.
délibération, éthique, généalogie, histoire, internalisme, métaéthique
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Defending Genealogy as Conceptual Reverse-Engineering
Analysis 84 (2): 385–400. 2024. Symposium consacré à mon livre The Practical Origins of Ideas. Sur invitation. doi:10.1093/analys/anad010
Répond aux commentaires de Cheryl Misak, Alexander Prescott‑Couch et Paul Roth.
analyse, concepts, ingénierie conceptuelle, rétro-ingénierie conceptuelle, généalogie, histoire
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Précis of The Practical Origins of Ideas
Analysis 84 (2): 341–344. 2024. Symposium sur mon The Practical Origins of Ideas. Sur invitation. doi:10.1093/analys/anad011
Résume mon livre à l’occasion d’un symposium dans Analysis.
analyse, ingénierie conceptuelle, généalogie, histoire des idees, état de nature, précis
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Debunking Concepts
Midwest Studies in Philosophy 47 (1): 195–225. Sur invitation. 2023. doi:10.5840/msp2023111347
Soutient que la démystification des concepts doit dépasser l’évaluation de leurs mérites épistémologiques pour inclure leur évaluation sur des bases morales, sociales et politiques, à partir de leurs fonctions et effets sociétaux.
concepts, éthique conceptuelle, démystification généalogique, généalogie, critique de l’idéologie, méthodologie
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Ethics Beyond the Limits: New Essays on Bernard Williams’ Ethics and the Limits of Philosophy
Mind 132 (525): 234–243. 2023. doi:10.1093/mind/fzaa077
Rend compte d’un recueil d’essais sur Ethics and the Limits of Philosophy de Williams et propose une défense substantielle de Williams face aux critiques humiennes, en soutenant que Williams mobilise bien des généalogies vindicatoires pour des concepts éthiques fondamentaux comme l’obligation, tout en les séparant de leur distorsion au sein du système de la moralité. Synthétise des interprétations diverses du relativisme de la distance et de la nécessité pratique chez Williams, les requalifiant non comme un scepticisme mais comme des enquêtes sur l’authenticité et le caractère irréductiblement à la première personne de la délibération. Présente le recueil comme la preuve que le projet de Williams n’était pas seulement destructeur, mais une tentative libératrice de légitimer des pensées éthiques qui existent en dehors des contraintes rigides de la théorie morale moderne.
Bernard Williams, éthique, généalogie, système de la moralité, métaéthique, délibération
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On the Self-Undermining Functionality Critique of Morality
European Journal of Philosophy 31 (2): 501–508. Sur invitation. 2023. doi:10.1111/ejop.12874
Reconstruit l’interprétation par Reginster de la critique nietzschéenne de la morale comme une « critique fonctionnaliste auto-invalidante » et soulève trois difficultés à son égard.
fonctionnalité, fonction, généalogie, démystification généalogique, métaéthique, moralité
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Genealogy, Evaluation, and Engineering
The Monist 105 (4): 435–51. Sur invitation. 2022. doi:10.1093/monist/onac010
Soutient que les explications généalogiques peuvent servir à évaluer et à améliorer des pratiques conceptuelles, en prenant pour exemple la demande d’innovation conceptuelle autour des notions de légitimité suscitée par le pouvoir croissant des institutions internationales.
ingénierie conceptuelle, légitimité, généalogie, critique de l’idéologie, éthique conceptuelle, changement conceptuel
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Nietzsche’s Conceptual Ethics
Inquiry 66 (7): 1335–1364. Actes de l’International Society of Nietzsche Studies. 2023. doi:10.1080/0020174X.2022.2164049
Bien que Nietzsche semble recourir à deux modes apparemment contraires d’évaluation des concepts — l’un s’intéresse aux effets des concepts, l’autre à ce que les concepts expriment — cet article propose une conception du caractère expressif des concepts qui unifie ces deux modes et fournit une approche puissante de la réflexion pratique sur les concepts à employer.
éthique conceptuelle, ingénierie conceptuelle, généalogie, naturalisme, réévaluation des valeurs, expressivisme
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Theorizing the Normative Significance of Critical Histories for International Law
Journal of the History of International Law 24 (4): 561–587. 2022. Avec Damian Cueni. doi:10.1163/15718050-12340207
Aborde la question de savoir si l’histoire entachée du droit international doit affecter notre évaluation actuelle de celui-ci. Soutient que les histoires critiques tirent leur force de trois manières principales : en subvertissant les revendications historiques qui soutiennent l’autorité d’une pratique ; en décevant les attentes normatives que les lecteurs projettent sur le passé ; et en retraçant les continuités fonctionnelles qui relient les problèmes passés au présent. Ce cadre explique comment l’histoire peut être normativement significative même lorsque son influence directe sur l’argumentation juridique est obscure.
généalogie, historiographie, légitimité, philosophie du droit, méthodologie, théorie politique
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Choosing Values? Williams contra Nietzsche
The Philosophical Quarterly 71 (2): 286–307. 2021. doi:10.1093/pq/pqaa026
Met en évidence des difficultés épistémiques et métaphysiques durables pour tout projet d’évaluer et d’améliorer les valeurs selon lesquelles nous vivons, y compris dans les travaux contemporains en éthique et en ingénierie conceptuelles, et soutient que les tentatives de contourner ces difficultés succombent à l’« illusion de Saint‑Just » — l’erreur consistant à croire qu’un ensemble de valeurs issu d’un contexte politique peut être transplanté avec succès dans un autre contexte politique.
éthique conceptuelle, ingénierie conceptuelle, changement conceptuel, généalogie, 19e siècle, 20e siècle
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Nietzsche’s English Genealogy of Truthfulness
Archiv für Geschichte der Philosophie 103 (2): 341–63. 2021. doi:10.1515/agph-2018-0048
S’appuyant sur divers fragments posthumes, l’article reconstruit la première — et peu connue — généalogie nietzschéenne de la manière dont la valeur de vérité et la culture de la vertu de véracité ne proviennent pas d’un pur amour de la vérité, mais de la nécessité pratique de la coopération sociale.
généalogie, 19e siècle, Nietzsche, philosophie continentale, vérité, coordination
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The Practical Origins of Ideas: Genealogy as Conceptual Reverse-Engineering
Oxford : Oxford University Press. 2021. doi:10.1093/oso/9780198868705.001.0001
Pourquoi des idées aussi abstraites que la vérité, la connaissance ou la justice sont-elles devenues si importantes pour nous ? Quel intérêt y avait-il à penser en ces termes ? Dans The Practical Origins of Ideas, Matthieu Queloz présente une méthode philosophique conçue pour répondre à ces questions : la méthode de la généalogie pragmatique. Les généalogies pragmatiques sont des récits à la fois partiellement fictifs et partiellement historiques qui explorent ce qui a pu nous pousser à développer certaines idées afin de découvrir ce qu’elles font pour nous. Le livre met au jour une tradition méconnue de généalogie pragmatique qui traverse le clivage analytique–continental, depuis les récits d’état de nature de David Hume et les premières généalogies de Friedrich Nietzsche jusqu’aux travaux récents en philosophie analytique d’Edward Craig, Bernard Williams et Miranda Fricker. Or ces généalogies combinent fictionnalisation et historicisation d’une manière qui a souvent paru énigmatique, même à des philosophes favorables à l’usage de fictions d’état de nature ou d’histoire réelle. Pour comprendre pourquoi il faut à la fois fictionnaliser et historiciser, le livre propose une théorie systématique des généalogies pragmatiques comme modèles dynamiques servant à rétro‑ingénier les points des idées par rapport non seulement à des besoins humains quasi universels, mais aussi à des besoins socio‑historiquement situés. Cette approche permet d’offrir de l’explication sans réduction et d’éclairer ce qui a conduit nos idées à effacer les traces de leurs origines pratiques. Loin d’être normativement inerte, la généalogie pragmatique peut en outre affecter l’espace des raisons, en guidant les tentatives d’amélioration de notre répertoire conceptuel en nous aidant à déterminer si et quand nos idées valent la peine d’être conservées.
ingenierie conceptuelle, genealogie, pragmatisme, histoire, verite, connaissance
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Whence the Demand for Ethical Theory?
American Philosophical Quarterly 58 (2): 135–46. 2021. Avec Damian Cueni. doi:10.2307/48614001
Propose une dérivation pratique de la nécessité pour le raisonnement public et judiciaire de prendre une forme plus discursive et cohérente que la délibération privée (un thème que j’explore plus pleinement au chapitre 10 de mon deuxième livre).
raison publique, théorie éthique, généalogie, métaéthique, légitimité, changement conceptuel
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From Paradigm-Based Explanation to Pragmatic Genealogy
Mind 129 (515): 683–714. 2020. doi:10.1093/mind/fzy083
Pourquoi des philosophes intéressés par les points ou les fonctions de nos pratiques conceptuelles se donneraient‑ils la peine de recourir à des explications généalogiques s’ils peuvent se concentrer directement sur des exemples paradigmatiques des pratiques que nous avons aujourd’hui ? Cet article donne trois raisons pour lesquelles l’approche généalogique se justifie et formule des critères pour déterminer quand elle est requise.
explication, fonctions, généalogie, histoire, historiographie, méthodologie
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How Genealogies Can Affect the Space of Reasons
Synthese 197 (5): 2005–2027. 2020. doi:10.1007/s11229-018-1777-9
On dit souvent que les tentatives de dériver des raisons à partir d’affirmations sur la genèse de quelque chose commettent le « sophisme génétique » : elles confondent genèse et justification. Une manière pour les généalogies de contourner cette objection est de se concentrer sur les origines fonctionnelles des pratiques. Mais cela invite une seconde objection, selon laquelle les tentatives de dériver la fonction actuelle de la fonction originelle souffrent d’un défaut de continuité : les conditions auxquelles quelque chose a répondu à l’origine ne sont plus réunies. Cet article montre comment des généalogies normativement ambitieuses peuvent éviter ces deux écueils.
généalogie, Bernard Williams, Craig, épistémologie, normativité, espace des raisons
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Revealing Social Functions through Pragmatic Genealogies
Dans Social Functions in Philosophy: Metaphysical, Normative, and Methodological Perspectives. Rebekka Hufendiek, Daniel James et Raphael Van Riel (dir.), 200–218. London : Routledge. 2020. doi:10.4324/9780429435393
Cet article soutient que les récits de l’état de nature, lus comme des modèles dynamiques plutôt que comme de l’histoire, peuvent révéler comment des pratiques normatives centrales répondent à des besoins collectifs de coordination, de gestion des conflits et de non-domination. En s’appuyant sur la généalogie humienne de la justice, la généalogie williamsienne de la véracité et des travaux connexes, il montre comment des concepts tels que la propriété, la connaissance et la justice testimoniale sous-tendent la coopération sociale et la légitimité politique. Il offre ainsi aux philosophes sociaux et politiques une manière d’expliquer à la fois la persistance des idées et des institutions et les bases sur lesquelles elles peuvent être critiquées.
coordination, généalogie, histoire, Hume, Nietzsche, philosophie politique
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Genealogy and Knowledge-First Epistemology: A Mismatch?
The Philosophical Quarterly 69 (274): 100–120. 2019. doi:10.1093/pq/pqy041
L’épistémologie knowledge‑first de Timothy Williamson soutient que le concept de connaissance est primitif et explicativement fondamental. Cela semble laisser peu de place aux tentatives de fournir une explication généalogique du concept de connaissance — a fortiori à celles qui, comme chez E. J. Craig, expliquent la formation du concept de connaissance à partir du concept de croyance. Pourtant, je soutiens que la généalogie craigienne du concept de connaissance n’est pas seulement compatible avec l’épistémologie knowledge‑first, mais qu’elle lui apporte en réalité un soutien.
Craig, épistémologie, généalogie, méthodologie, Williams, épistémologie du primat de la connaissance
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Williams’s Pragmatic Genealogy and Self-Effacing Functionality
Philosophers’ Imprint 18 (17): 1–20. 2018. doi:2027/spo.3521354.0018.017
Reconstruit l’enquête généalogique de Williams sur la fonction sociale des normes de véracité et en dégage les implications sociales et politiques. Développe une compréhension de cette forme « pragmatique » de la méthode généalogique, montrant qu’elle est particulièrement adaptée aux pratiques qui manifestent ce que j’appelle une « fonctionnalité auto-effaçante » — des pratiques qui ne sont fonctionnelles que dans la mesure où, et parce que, nous ne nous y engageons pas pour leur fonctionnalité.
Bernard Williams, éthique, fonctionnalité, généalogie, naturalisme, vérité
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Nietzsche’s Pragmatic Genealogy of Justice
British Journal for the History of Philosophy 25 (4): 727–49. 2017. doi:10.1080/09608788.2016.1266462
Examine la thèse de Nietzsche selon laquelle l’idéal de justice est un développement politique contingent, n’apparaissant que lorsque des parties d’une puissance à peu près égale ont besoin d’un système d’échange et de rétribution afin d’éviter une destruction mutuelle assurée ; de sorte que l’applicabilité des normes de justice est à l’origine liée à des distributions de pouvoir. Cette perspective reconçoit la justice comme une solution humaine au problème récurrent de l’ordre social. Comprendre ces origines permet de justifier la justice comme une invention indispensable à la vie sociale.
généalogie, pouvoir, philosophie politique, 19e siècle, justice, Nietzsche
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